On s’attendait à ce que ChatGPT soit utilisé avant tout pour créer du code, générer des images ou même jouer le rôle de thérapeute numérique. Mais une analyse portant sur plus de 1,1 million de conversations vient de mettre les choses au clair – et les résultats sont pour le moins... inattendus.
Le lien vers l'étude complète : ChatGPT Users: Who They Are and How They Use the System (NBER, Working Paper n°34255)
Les trois grands usages qui dominent aujourd’hui
- 28 % des échanges concernent des tâches d’écriture : correction d’emails, rédaction de résumés, traductions, reformulations…
- 28 % relèvent de l’accompagnement pratique : tutorat, conseils personnalisés, brainstorming d’idées créatives.
- 21 % consistent à chercher des informations précises.
À eux seuls, ces trois usages représentent près de 80 % de l’activité réelle sur ChatGPT.
Mais l’étude révèle aussi une évolution marquée
- L’usage professionnel est passé de 40 % à 28 % en un an (!).
- L’usage personnel est monté de 60 % à 72 %.
- Les tâches d’écriture ont chuté de 36 % à 24 %.
- La recherche d’informations a doublé, passant de 14 % à 24 %.
Autrement dit, on demande de moins en moins à l’IA d’écrire nos emails, et de plus en plus de jouer le rôle d’un “Google avec personnalité”.
Ce que ça raconte vraiment
- Beaucoup ont essayé l’IA au travail, se sont heurtés à des frictions (limitations, règles internes, absence de cadre clair)… et ont abandonné.
- Les directions qui annonçaient une “IA transformation” en 2024 constatent en réalité que l’adoption a plafonné : même avec des formations, l’usage quotidien reste limité.
- Les raisons : données mal structurées, workflows mal définis, hallucinations trop fréquentes. En clair, beaucoup d’entreprises se sont lancées sans préparer le terrain.
Les vrais gagnants ?
Ceux qui ont su :
- réduire les frictions,
- cibler des cas d’usage précis,
- et offrir des gains de temps réels.
Peu importe la taille du budget ou le prestige du projet : l’IA fonctionne vraiment quand elle est simple, verticale, et directement utile (comme chez Voi Technology, cité dans l’étude).
En conclusion
On croyait que l’IA allait réinventer nos métiers de fond en comble. En réalité, elle s’impose d’abord dans des tâches simples mais universelles : écrire, chercher, assister. L’âge du “théâtre de l’IA” est en train de s’éteindre. L’âge de l’IA utile commence seulement.