AEO vs GEO vs AI SEO : faux duels, vraie architecture

December 30, 2025
par
Tristan

Avec l’ascension des moteurs de recherche fondés sur l’IA générative, le référencement entre dans une phase de recomposition profonde.

Face à ce bouleversement, le secteur cherche ses repères. De nouveaux termes apparaissent, de nouvelles stratégies sont avancées, parfois dans l’urgence. Mais cette effervescence masque une question plus fondamentale : que cherche-t-on réellement à optimiser ?

Avant de parler de méthodes, encore faut-il s’accorder sur les concepts. Et c’est précisément là que les lignes se brouillent : plusieurs visions du référencement émergent, souvent mises en opposition, comme si l’une devait nécessairement supplanter les autres.

C’est ce paysage que nous proposons d’éclairer ici.

Ce débat n’oppose pas tant des disciplines que des niveaux d’optimisation.

Les notions d’AEO, de GEO et d’AI SEO décrivent trois focales distinctes, qui tendent à s’empiler plutôt qu’à se contredire : découvrabilitérépondabilitéactionnabilité.

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Posons quelques définitions

AEO : l’optimisation pour la réponse (Answer Engine Optimization)

La notion d’AEO part d’un constat simple : dans une conversation avec une IA, l’utilisateur ne navigue pas une SERP ; il obtient une réponse (on parle parfois de « moteur de réponse »).

L’objectif implicite change donc : il ne s’agit plus seulement d’être « bien positionné », mais d’être présent dans la formulation. Autrement dit, l’enjeu est d’être cité, paraphrasé, recommandé, comparé, ou relié à une intention.

L’AEO constitue ainsi une focale pour répondre à la question suivante : « Lorsque l’utilisateur pose une question à une IA, le contenu ou la marque apparaît-il dans la réponse produite ? »

GEO : l’optimisation pour l’agent (Generative Engine Optimization)

Le GEO pousse le raisonnement un cran plus loin : les IA ne se contentent pas de répondre. Elles deviennent un outil plus large : elles planifient, appellent des fonctions, exécutent des actions, et commencent même à réaliser des transactions.

Dans ce contexte, la meilleure visibilité n’est pas seulement le fait d’être cité, mais celui de devenir la brique fonctionnelle que :

  • l’IA appelle pour vérifier une information,
  • l’IA utilise pour produire un résultat,
  • l’IA recommande comme solution directement actionnable.

La notion de GEO répond alors à une autre interrogation : « Lorsque l’IA agit — ou aide à agir — peut-elle s’appuyer sur ce contenu, ce service ou cette source ? »

AI SEO : le SEO optimisé pour l’IA (AI Search Engine Optimization)

En troisième concept, l’AI SEO fait le lien entre le nouveau monde et l’ancien. Son avantage réside dans sa lisibilité : la notion est immédiatement compréhensible, en recyclant un vocabulaire familier.

Elle véhicule implicitement l’idée selon laquelle « le SEO n’est pas mort, il évolue ».

Dans la pratique, le SEO IA est mobilisé pour :

  • réassurer un marché habitué au SEO classique,
  • regrouper sous une même bannière des tactiques hybrides (SEO, entités, citations, structuration),
  • rendre l’évolution intelligible à des organisations qui raisonnent en budgets SEO.
Concept Finalité optimisée Question opératoire
AEO La réponse (présence dans la formulation) Le contenu / la marque apparaît-il dans la réponse générée ?
GEO L’action (capacité d’exécution / d’appui) L’IA peut-elle s’appuyer sur la source pour agir ou faire agir ?
AI SEO La découvrabilité (continuité SEO dans l’ère IA) La source demeure-t-elle accessible, indexable, citable et compréhensible ?

Contexte : pourquoi les oppose-t-on (alors qu’elles devraient s’additionner)

Cette mise en opposition s’explique par des mécanismes bien identifiés :

  • Guerre de naming : dans un champ émergent, nommer revient souvent à s’approprier un territoire symbolique.
  • Guerre de périmètre : contenu, SEO, produit, data… la question du pilotage devient centrale.
  • Guerre de budgets : qualifier une approche de « nouvelle discipline » autorise de nouveaux arbitrages.

D’un point de vue analytique, cette opposition a toutefois peu de sens dès lors que l’on adopte une lecture rigoureuse. Elle relève surtout d’un format narratif.

Important
Le “vs.” fonctionne ici comme une mécanique de positionnement. La réalité opérationnelle est largement additive : ces concepts décrivent des couches complémentaires, non des alternatives strictes.

Le point clé : ce qui a changé, ce n’est pas le contenu — c’est la finalité

Historiquement, l’optimisation suivait une trajectoire relativement linéaire :

requête → SERP → clic → page

Aujourd’hui, la séquence se transforme :

intention → conversation → réponse → décision → action (parfois automatisée)

Il s’agit d’un basculement téléologique : le clic cesse d’être l’unité finale. L’attention se porte désormais sur la réponse (AEO), la capacité d’exécution (GEO) et la découvrabilité (AI SEO / SEO).

À retenir

L’optimisation ne porte plus sur un canal isolé, mais sur un système complet : découverteréponseaction.

Renversement : AEO + GEO + AI SEO comme architecture en trois couches

Plutôt que de raisonner en termes d’alternatives, l’analyse conduit à raisonner en niveaux :

  • Couche 1 — Découvrabilité (AI SEO) : présence dans les sources, accessibilité, indexabilité, citabilité.
  • Couche 2 — Répondabilité (AEO) : contenus réutilisables par les modèles (clarté, structuration, factualité, absence d’ambiguïté).
  • Couche 3 — Actionnabilité (GEO) : capacités exécutables (données, schémas, API, catalogues, preuves, flux).

Réponse à la question

Il ne s’agit pas de AEO vs GEO vs AI SEO, mais d’une séquence : AI SEO → AEO → GEO, du trouvable au cité, puis à l’utilisé.

Cadre opérationnel : traduction en actions

Concrètement

  • Couche AI SEO (découvrabilité) : maillage, crawl, indexation ; pages piliers et clusters ; données structurées de base ; autorité (citations, mentions).
  • Couche AEO (répondabilité) : sections de réponse directe ; définitions explicites ; tableaux comparatifs ; FAQ réellement informative ; sources, dates, périmètres et limites.
  • Couche GEO (actionnabilité) : pages catalogue (offres, critères, conditions) ; fiches téléchargeables ; documentation technique le cas échéant ; informations transactionnelles (contact, prise de rendez-vous, processus).

Checklist
Un site non découvrable perd toute visibilité. Un contenu non citable tend à disparaître des réponses. Un service non actionnable reste hors du champ des agents.

Conclusion

La question n’est pas de savoir quel acronyme s’imposera. Elle concerne le niveau d’existence que l’on souhaite occuper dans le nouveau parcours utilisateur.

Le futur ne remplace pas le SEO. Il l’étend, en lui ajoutant une couche de réponse, puis une couche d’agent.

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